Dictat de la minceur et religion


Les USA ont une longue tradition de fondamentalisme alimentaire. Et cela pour des raisons religieuses. C'est aussi pour cette raison je pense que notre société ne pense plus qu'en termes d' "hygiène de vie", d' "hygiène alimentaire". Je m'explique.

Premièrement, gardons en tête pour la suite que la plupart des religions tuent la réflexion. En effet, la vision du monde par la religion est binaire: cela est bien, cela est mal. Telle pratique est mauvaise, tel genre de musique bon, tel autre mauvais, donc interdit. Mon opinion: en tout il y a des avantages et des inconvénients. C'est à chacun de décider quel chemin il veut suivre, en pesant le pour et le contre. Une action n'est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise, mais elle induit du bon et du mauvais (ces deux notions étant d'ailleurs bien souvent relatives). Si l'on prend l'exemple de la seconde guerre mondiale, les résistants commettaient des attentats pour affaiblir l'armée allemande. Cela a aidé les alliés à finalement remporter la guerre. Mais il arrivait que l'armée allemande se venge, par exemple en déportant toute la population d'une ville, à cause d'un attentat qui s'y était produit. Ou alors: pour un médecin, vaut-il mieux mentir à un patient qui est condamné, histoire que grâce à l'ignorance il vive mieux? Comme nous le voyons, les choses sont plus compliquées que ce que la religion nous présente.

Dans la Bible (1 Corinthiens 6:19-20), nous pouvons lire: "Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous mêmes? Car vous avez été rachetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu". Ainsi, "prendre soin de son corps" devint un devoir sacré, le contraire étant péché. De plus, le faux apôtre avait parsemé ses lettres de recommandations du genre "Les désirs de la chair sont opposés à ceux de l'esprit, ceux de votre propre nature sont mauvais. Dieu en a décidé ainsi afin que vous ne fassiez pas ce que vous voulez". A cause de celà, dans notre culture, tout ce qui est agréable est considéré comme un mal et tout ce qui est désagréable comme étant un bien. La souffrance est une bonne action. Le plaisir nous vaudra des tourments. Le Christianisme paulinien contient déjà les germes du puritanisme nutritionnel. Les plus intégristes de cette tendance sont les adventistes: ils sont végétariens, s'abstiennent de tout alcool, ne boivent jamais de café, sont obsédés par leur "hygiène de vie" et par la "qualité" de leur alimentation. Les adventistes jugent durement les gens qui boivent un verre de vin de temps en temps... Ils se sentent supérieurs parce qu'ils ne boivent pas. Pourtant, toute nourriture a des effets bénéfiques et des effets négatifs. Il n'y a pas besoin de boire de l'alcool pour avoir des conséquences indésirables sur la santé. Par exemple, en buvant du lait, on risque une "clique des reins" (Nierenkolik, pour la traduction en Français je ne suis pas sûr): un cailloux peut se former dans les reins et ça peut être dangereux. C'est un exemple parmi tant d'autres. Inversement, les "boissons du diable" ont aussi, comme les autres, des avantages. Par exemple, une consommation régulière et modérée d'alcool diminue sensiblement le risque de développer un diabète de type II.

Le saviez-vous? Beaucoup de nutritionnistes connus du début du siècle étaient des protestants évangéliques, et souvent des adventistes. Par exemple, le révérend William Metcalfe, son apôtre le pasteur Sylvester Graham (de qui sont issus les biscuits Graham), du docteur Kellog (un adventiste), un intégriste de la "nutrition saine", à l'origine de la marque Kellog's.

J'ai devant moi le livre "Croquez la vie", éditions "Vie et santé". Ce livre n'est qu'un condensé de reproches, de culpabilisation dans le domaine nutritionnel. A l'époque on jugeait très durement par exemple une fille qui faisait l'amour avant le mariage, un regard moralisateur s'exerçait à son égard. C'est le même regard que les adventistes exercent à l'encontre de ceux qui ne se nourrissent pas comme eux.

Affirmations de ce bouquin:



1) "Un poids normal est nécessaire pour avoir un beau corps, et c'est en plus le signe d'une nutrition correcte et d'une bonne santé. Pour maintenir son poids dans de bonnes limites, il convient d'avoir un régime alimentaire d'origine végétale: fruits, céréales et légumes." (page 25)


2) A propos du déclin des civilisations:

Il est intéressant d'observer comment les habitudes alimentaires des nations passent par différentes étapes bien définies. Quand un peuple lutte pour se développer, le régime est normalement frugal et comporte principalement des aliments d'origine végétale. Au fur et à mesure qu'il prospère, la consommation d'aliments d'origine animale s'accroît. Plus tard le plaisir, la gloutonnerie et la suralimentation deviennent habituels. Les historiens et les philosophes de tous les temps, qui ont observé ces tendances, sont arrivés à la conclusion que c'est là la cause de la chûte des nations et des empires. [...] Les citoyens de l'empire romain n'écoutèrent pas leurs savants et leurs philosophes, et ils entrèrent dans un processus de plaisir, de gloutonnerie et d'orgies qui aboutit à la chûte de ce grand empire. Il fut laissé entre les mains des barbares, au Vème siècle après JC.


3) Des récits sur les peuples d'Okinawa, les Hunza d'Azie centrale, les Sherpas du Népal, les Indiens Otomis et les Adventistes, qui vivraient bien plus longtemps que les autres parce qu'ils sont végétariens et se nourrissent bien, contrairement à nous les Européens décadents qui nous nourrissons mal et ne sommes que des gloutons voyons. Au passage ils en profitent pour faire du prosélytisme, ils expliquent les secrêts de leur longévité, quelles sont les croyances qui leur procure une aussi bonne santé (la Bible bien sûr, surtout quand elle est interprétée à leur manière).


4) Il est beaucoup insisté sur les risques de "se nourrir mal", à l'aide de menaces si possible. Le ton est vraiment moralisateur et plein de jugement à l'égard des gens. Il est dit aussi en gros: "Vous avez pas honte, dans les pays les gens meurent de faim, par solidarité vous devriez être végétariens et ne plus être aussi gloutons".


5) Des citations genre "Ne te repens jamais d'avoir peu mangé" (Thomas Jefferson, président des USA de 1801 à 1809), ou encore: "Certains hommes vivent pour manger, mais moi je mange pour vivre" de Socrate, ou bien "Les céréales, les fruits, les oléagineux et les légumes constituent l'alimentation choisie pour nous par le Créateur" d'Ellen White. En effet, c'est ce que dit le livre de la Genèse. D'après ce livre, les humains vivaient à peu près 1000 ans à cette époque. A partir de Noé, il a fallu manger de la viande car Yaveh, lors de son génocide planétaire, n'avait pas pensé qu'une fois l'eau retirée, la Terre ne serait qu'un désert sans la moindre végétation, et pour manger ben il fallait tuer des animaux de l'arche... Résultat: d'après la Bible la durée de vie des hommes a décru à chaque génération, jusqu'à atteindre l'âge de 120 ans. Merci Yaveh!


Les religions n'ont qu'une vision binaire de la vie: le licite / l'illicite, le bien / le mal, paradis / enfer, etc... Normal vu que leurs fondateurs bien souvent (exception peut-être pour Jésus) étaient des psychopathes barbares et inhumains, s'étant refusé tout exercice intellectuel et ayant interdit cette pratique à leurs adeptes. Il en est de même pour l'alimentation. Notre société est encore très marquée par la religion, bien que les gens disent ne plus avoir de religion, ils ont une mentalité de religieux. Il y a d'un côté les "méchants": les aliments caloriques contenant graisse, sucre, etc... qui procurent du plaisir mais leur consommation est péché, et de l'autre les "gentils": les légumes (moins bons au goût mais on fait une bonne action quand on en mange). Ma philosophie c'est que chaque plaisir a son prix. La vie acquiert son charme grâce à ces "péchés" qui n'apportent pas forcément que du bien. Si l'on supprime tout pour avoir la meilleure "hygiène de vie" possible, comme le font les dévots coincés, quelle que soit la religion, la vie est ennuyeuse. Certes un Mouslim vivra en moyenne quelques années de plus en ne buvant jamais d'alcool, néanmoins il ne connaîtra jamais ce plaisir. Il ne se détruira pas l'ouïe vu qu'il n'écoute jamais de musique (s'il pratique à fond), mais on se demande à quoi son ouïe a servis dans sa vie, alors que le mécréant qui a écouté de la techno toute sa vie a une ouïe en mauvais état à la fin de sa vie, mais au moins son ouïe a servis à quelque chose!



Des gens s'empoisonnent la vie à cause de ces préceptes moraux inutiles. Je citerais Oliver W. Homes: "Certaines personnes cherchent à gagner le ciel en faisant de la terre un enfer". Les puritains de l'alimentation ne savent pas vivre, ils n'apprécient plus la vie. Tout plaisir a son prix, et ils ne sont pas prêts à payer le prix d'un seul plaisir. En conséquence leur vie est ennuyeuse, compliquée, et dépourvue de tout ce qui est agréable. Celà me rappelle le film "Chocolat". Une athée débarque dans un village ux mentalités consevatrices. Elle ouvre une chocolaterie à une époque oèu le chocolat est encore inconnu dans le village. Très vite elle s'attire les foudres des religieux, notamment celles du maire, un homme qui s'impose une discipline stricte, et par là même du curé, à la botte du maire. En effet il n'est pas bon que de tels plaisirs soient à la disposition des gens. Des tas d'action vont être menées contre la chocolaterie. Une personne, se confessant, dira: "Je ne peux pas résister, c'est plus fort que moi! Quand je vois cette chocolaterie du diable il faut absolument que je rentre et que j'achète quelque chose"... Et le curé de répondre: "Vous me ferai 15 Je vous salue Marie et 10 Notre-Père!". Mais petit à petit les mentalités changent dans le village, les gens sont de moins en moins coïncés. Il n'est pas sûr que dans notre monde les mentalités aient changé, quand on voit notamment le rigorisme de certains Américains, la réalisation de certains films ("Super Size Me" entre autres).


Un jugement moral s'exerce envers ceux qui "mangent mal", c'est-à-dire ceux qui consomment des "aliments méchants" (cf. précédemment). La sainte Inquisition est de rigueur pour tout ceux qui ne se conforment pas à l'idéologie de la "religion de la minceur".


De plus, pour ces fondamentalistes de l' "hygiène de vie", la rondeur avait des connotations de péché. Un corps mince symbolisait la victoire sur ses désirs charnels. Ce n'est pas mon opinion, on peut être épicurien et mince, mais visiblement nos adventistes et autres quakers ne voyaient pas les choses ainsi (toujours la visions binaire de la religion...). De plus, la femme est par nature mauvaise, d'après leurs dogmes, elle entraîne les hommes au péché de la luxure. Les femmes rondes dégageaient, pour eux, une féminité trop débordante (et sur ce point-là je suis d'accord avec eux), c'était intolérable! D'où un jugement moralisateur de la sociéé religieuse. Attention, je ne veux surtout pas dire que les femmes minces sont moins féminines. Mais la manière d'être féminine des femmes rondes a été beaucoup plus mal acceptée, à cause justement de cette vision binaire de la religion (rondeur = abondance, minceur = sobriété, ce qui est faux, chacun a sa propre vision des choses, telle chose peut avoir telles connotations chez les uns et telles autres connotations chez les autres).


Mais cette conception n'était pas généralisée: en dehors de ces milieux conservatifs, toutes les tailles étaient accepées. Les Américaines célèbres pouvaient être minces aussi bien que rondes. Hélas, la société de consommation a conduit à une généralisation de cette conception. En effet, si elle devient universelle, cela peut rapporter beuacoup d'argent. Et, d'une manière générale, plus les gens sont frustrés d'être comme ils sont, plus ils sont prêts à dépenser pour être quelqu'un d'autre. Il faut donc rendre les gens mal à l'aise, ce que beaucoup de firmes de 'industrie de l'amaigrissement ne se gènent pas à faire. C'est pour cela que je crois qu'il est nécessaire de développer la culture parallèle dans laquelle les rondeurs féminines sont un avantages, dans laquelle elles sont désirables. Evidemment, l'industrie alimentaire repose sur l'ignorance de la grande majorité de la population à propos de cette culture parallèle. Lorsque les gens seront au courant de l'existence de cette autre alternative, l'industrie de l'amaigrissement disparaitra tout simplement (elle n'aura plus aucune raison d'être).










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